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Quand tenir bon devient un problème


Quand tenir bon devient un problème- Félicie Contenot

Quand tenir bon devient un problème


Ce que j’entends le plus souvent, en séance


Il y a une phrase qui revient très très souvent en séance :

« Je tiens. Je fais ce qu’il faut. Je gère. »


Cela ressemble à une posture de façade mais s'en est devenu une manière de vivre.


Vous vous levez, vous faites tourner la maison, vous gérez au travail, les enfants, les obligations, les rendez-vous, les imprévus. Vous répondez. Vous anticipez. Vous absorbez. Vous encaissez, vous esssayez parfois d'y glisser un peu d'humour, parfois avec une tension que vous cachez bien.


Et quand je vous demande : « Et vous, dans tout ça, comment vous vous sentez ? »

La réponse est souvent très rapide, quasi automatique. « Je tiens, je n’ai pas le choix! »


Je connais aussi ce “je n'ai pas le choix”. Je le respecte, parce que, dans certains moments de ma vie, tenir bon a été pour moi aussi une stratégie de survie. Ça m'a permis de traverser, d'avoir l'impression d'éviter l’effondrement, de me protèger, même si ça m'a coûté !


Le problème commence quand tenir bon devient votre seul mode de fonctionnement, y compris quand la tempête est passée. Quand vous continuez à fonctionner comme si tout était urgent, comme si vous n’aviez pas le droit de ralentir, comme si personne ne pouvait prendre le relais à votre place .


Et un jour, sans prévenir, votre corps ou vos relations ou votre moral vous rappelle à l’ordre.

Et pas en vous disant “stop” gentiment, en vous coupant les jambes !


Les signes qui ne trompent pas


Ce qui est piégeant, c’est que l’extérieur peut sembler stable :


  • Vous avez un travail.

  • Vous avez des proches.

  • Vous faites “ce qu’il faut”.

  • La crise n'est pas "visible".


Et pourtant, à l’intérieur, ça dégringole.


Ce que j’observe souvent c'est d'abord une perturbation du sommeil :

Vous dormez mais vous ne récupérez pas. Ou bien vous vous endormez d’épuisement, puis vous vous réveillez à 3h du matin avec un cerveau qui fait des noeuds et rumine.


Vous devenez irritable pour des petits détails, puis vous vous en voulez, puis vous vous retenez encore plus fort la fois suivante (ou du moins vous essayez).


Vous n’avez plus de marge. Le moindre imprévu vous fait réagir beaucoup trop fort, ou bien vous coupe net.

Vous “tirez” sur vous-même : vous vous parlez durement, vous vous poussez, vous vous comparez, vous vous interdisez de flancher.


Vous sentez aussi que vous vous éloignez des autres (pas parce que vous n’aimez plus) mais parce que vous n’avez plus l’énergie d’être en lien.


Vous dites “ça va” par réflexe, mais vous ne savez même plus ce que ça veut dire.


Ce sont des signaux !!

Et souvent, le signal le plus clair, c’est cette phrase que vous chuchottez presque :

« Je tiens… mais je ne vais pas tenir comme ça longtemps. »


Tenir bon, c’est admirable… mais ...


Tenir bon est valorisé partout. Dans le cercle familial, dans le monde du travail, à l’école...


On applaudit la personne fiable. Celle qui assure. Celle qui est "forte" Celle qui ne “fait pas d’histoires”. Celle qui se relève vite. Celle qui "tient" !


Le souci, c’est que ce modèle récompense la performance visible, mais à quel prix ??


Et ce coût, il est très concret.

Tenir bon demande souvent de mobiliser trois choses en permanence :

  • le contrôle,

  • l’adaptation,

  • la retenue.


Le contrôle : pour que tout reste sous contrôle, justement, parce que lâcher serait trop risqué.

L’adaptation : pour éviter le conflit, l’inconfort, la déception des autres, ou simplement l’impression de ne pas être “à la hauteur”.

La retenue : pour ne pas déranger, ne pas inquiéter, ne pas exploser, ne pas pleurer, ne pas demander....


Le problème n’est pas que vous sachiez faire ça. Le problème, c’est quand vous ne savez plus faire autrement.


“Je tiens parce que si je lâche, tout s’écroule.”

Cette croyance n’est pas idiote. Elle a souvent été vraie, à un moment.

Peut-être que vous avez grandi dans un contexte où personne ne vous soutenait. Peut-être que vous avez appris tôt à vous débrouiller seul. Peut-être que vous êtes devenu “le solide” de la famille sur qui on peut compter. Peut-être que vous avez vécu une séparation, une maladie, une instabilité financière, que vous avez du vous occuper d'un parent malade, ou grandit dans un environnement où il fallait être autonome très vite.


Alors vous avez développé une compétence : la capacité à continuer, même avec un sac à dos très lourd.


Sauf que cette "compétence", quand elle est utilisée tout le temps, finit par devenir une contrainte.

Et quand vous vous retrouvez à tenir bon dans des situations où vous pourriez être soutenu, le système continue à fonctionner… mais vous, vous vous usez !!


Ce que ça coûte à long terme


On est dans de l'accumulation.

  • Vous perdez de la spontanéité, parce que tout est passé au filtre du “il faut”.

  • Vous perdez la capacité à demander, parce que vous ne voulez pas déranger, ou parce que vous pensez que personne ne fera comme vous, ou parce que vous ne voyez pas à qui faire appel.

  • Vous perdez cette sensation de sécurité intérieure, parce que votre système nerveux reste en mode alerte en permanence.

  • Vous perdez de la douceur relationnelle, parce que la tension finit par sortir quelque part : un ton sec, une prise de distance ou un repli, cette fatigue qui fait moins de place à l’autre.

  • Et parfois, vous perdez le lien à vous-même : vous savez très bien ce que les autres attendent, mais vous ne savez plus ce que vous voulez, vous, ni qui vous êtes.


Quand toute votre énergie part dans “tenir”, il reste peu pour “vivre”.


Ce que je vois en séance

J’entends des phrases comme :

« J’ai pourtant tout pour aller bien, je ne devrais pas me plaindre »

« Je me sens vide, mais je continue, je n'ai pas le choix. »

« Je ne pleure pas. Je n’ai même pas le temps. »

« Je suis la personne ressource de tout le monde, et je ne sais pas qui est ressource pour moi. »


Ce sont des personnes compétentes, souvent très responsables, parfois brillantes, qui viennent parce qu’un décalage devient insupportable : elles fonctionnent, mais elles ne se reconnaissent plus.

Et c’est là que le virage est possible !


Le virage : quand la volonté ne suffit plus

Il y a un moment où tenir bon ne vous demande plus seulement de l’énergie, mais une forme de violence intérieure.


Vous vous forcez. Vous vous poussez. Vous vous parlez mal. Vous repoussez vos limites, puis vous vous étonnez de craquer, puis vous recommencez.


À un moment, c'est une question de cadre.

Parce que si tout repose sur “je vais me motiver”, “je vais me raisonner”, “je vais tenir encore un peu”, vous êtes condamné à altern­er entre deux états : serrer les dents, puis vous effondrer.


Un cadre, c’est autre chose.

C’est ce qui rend possible une régulation

C’est ce qui rend possible une relation plus juste à vous même et aux autres

C’est ce qui rend possible de ralentir sans culpabiliser


Et si votre “je tiens” était devenue votre prison ?

Posez-vous ces questions, simplement, sans vous juger.

Est-ce que vous êtes fier de votre capacité à tenir… mais inquiet.e du prix que vous payez ?

Est-ce que vous êtes devenu.e quelqu’un de solide pour tout le monde, mais de dur avec vous-même ?

Est-ce que vous supportez beaucoup, mais vous sentez que votre patience se transforme en irritation, puis en retrait/repli ?

Est-ce que vous avez l’impression que vous pouvez tout gérer, sauf vous reposer ?

Est-ce que vous avez peur de ralentir, non pas parce que vous aimez être débordé, mais parce que vous ne savez pas ce qui remonterait si vous vous arrêtiez ?


Si vous vous reconnaissez, je suis sure que vous n'appréciez pas qu'on vous dise “pense à toi” ! Vous le savez déjà. Ce qui vous manque, c’est un cadre, et un endroit où déposer ce qui, jusque-là, a été tenu à bout de bras.


Ce que change un accompagnement

Dans un accompagnement, on ne vient pas “apprendre à se détendre”. On vient remettre de l’ordre, reprendre de la marge, retrouver une capacité de choix.


Concrètement, ce que je propose, c’est de partir de votre réalité :

Votre semaine. Vos contraintes. Vos relations. Vos obligations. Votre manière de vous parler. Votre manière d’absorber.

On repère ce que vous portez, ce que vous évitez, et ce que ça vous coûte.

On met en évidence vos stratégies : celles qui vous ont sauvé, et celles qui vous enferment maintenant.

Et on construit petit à petit de la sécurité qui vous rend de la stabilité intérieure, sans vous demander de devenir quelqu’un d’autre.


C’est ce que je propose en accompagnement individuel, au cabinet ou en visio.


A quoi ça ressemble ?

Ca ressemble à des décisions que vous pouvez tenir, pas à des recettes miracles !

Ca ressemble à des limites claires

Ca ressemble à une relation à vous-même moins brutale

Ca ressemble à des ajustements concrets : une façon différente d’entrer dans une conversation difficile, une manière de récupérer qui fonctionne vraiment pour vous, une autre façon de vous organiser pour ne plus vivre en apnée.


Et surtout, ca ressemble à un changement de posture intérieure : vous passez de “je tiens” à “je choisis ce que je porte” !


Si vous vous reconnaissez dans ce “tenir bon” qui commence à vous abîmer, je suis à votre écoute.

Quand tenir bon devient un problème

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Je suis Félicie Contenot, thérapeute psycho-émotionnelle, consultante et formatrice en compétences relationnelles et émotionnelles. J’accompagne en cabinet à Miribel (01), en visio, et j’interviens auprès des établissements scolaires qui souhaitent travailler ces situations avec un cadre clair, applicable, respectueux des enfants comme des équipes.

Si vous voulez en parler, ou si vous cherchez une intervention adaptée à votre contexte, vous pouvez me contacter

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